lundi 2 novembre 2009

Des nouvelles des nouvelles

Parti il y a presque une semaine, je me rend compte qu´il y a déjà beaucoup de petites choses à raconter...commencons donc par le début.

Je suis finalement parti lundi passé après avoir réalisé que les valises attendues pendant plus de quatres semaines n´étaient pas tout à fait étanches...:( >> donc pose de silicone dans tous les côtés et coins, bref finitions de ces petites boîtes qui allaient m´accompagner pour tout le trajet.



Tout est enfin prêt en milieu d´après-midi et je démarre sous un soleil timide mais bien là.









Je jubile pendant quelques temps sur la route à l´idée d´être enfin parti et ce ne sont pas les tendres petites larmes qui pointaient aux yeux de ma chère maman qui retiennent mon bonheur...

J´ai finalement choisi de descendre au Sud plus vite en partant par Charleville-Mézières pour passer ensuite à l´Est de Paris. Jávais prévu de traverser les Vosges mais le temps et le froid l´interdit.



Le soir tombe bien tôt avec le changement d´heure et je décide de m´arrêter à Le Chesne dans un petit camping repéré avant de partir.






J´installe pour la première fois la tente (achetée pour faire de la randonnée à la base) et le constat est cinglant: elle est beaucoup trop basse. Il est impossible de se tenir assis...je dois même y rentrer à reculons: les pieds d´abord. Ridicule!




La première nuit est très froide, j´ai très difficile à trouver le sommeil. Les dernières envies de visites des quelques villes au nord de la France s´envolent et je me promets une descente rapide le lendemain. J´en profite pour ouvrir le premier livre de mon voyage, je choisis La Conjuration des Imbéciles de John Kennedy Toole. Bon choix, le livre est hilarant et me fait oublier le froid...pour un moment.



Après mon départ, je roule jusqu´à midi dans un brouillard très dense qui me force à réduire l´allure et m´empêche de jouir du paysage. La chaleur arrive soudainement lorsque le soleil se montre enfin. C´est principalement une journée de route: Je passe par Reims-Epernay-Nogent sS-Sens-Joigny-Toucy-Vailly.

Le beau temps permet enfin de contempler le paysages et de faire quelques arrêts photos. Je ne retiens néanmoins pas grand chose de cette journée. J´arrive à Vierzon alors que le soleil est déjà couché. Ne trouvant pas de camping ouvert je continue et continue et continue. Járrive finalement à Limoges très tard et ce sera un Formule 1 pour ce soir. Celui-ci se trouve dans un parc industriel et tout me pousse à mettre tous les bagages dans la chambre. Le fait d´être dans une chambre ne me réjouit pas vraiment car je suis en permanence stressé pour la moto que je surveille presque à chaque fois qu´une voiture se gare dans le parking. Je finis par tomber de fatigue. :)




Je démarre assez tard de Limoges après être alle chercher une nouvelles tente. Mon choix se porte sur une tente "Second" de Décathlon. Elle prend beaucoup de place mais ce sera un bonheur à installer et elle est bien assez grande pour moi et toutes mes affaires.




On est mercredi, il fait magnifique et je prends vraiment mon temps en descendant vers Périgueux. Cette région est magnifique.











Je decide de prendre une petite route et je m´arrête à Vergt où on me conseille un petit camping près d´un lac à la sortie du village. Une fois arrivé, je me rends compte que le camping est fermé. Je pose quand même un pied à terre le temps de me couper un petit morceau de saussicon en me demandant où je vais bien pouvoir poser ma tente. J´entends un bruit métallique et une vieille petite dame avec une canne arrive du camping qui parraissait inoccupé. Malgré l´obscurité et le fait que j´ai un couteau en main (celui-là même avec lequel je m´apprêtais à me sustenter) elle s´approche et entame la discussion. Elle finit par me dire qu´ils sont quelques uns à passer l´hiver au camping dans des caravanes. Malgré que le camping est fermé, ma tête lui revient - dit-elle - et elle propose de passer la nuit là gratuitement (il faut dire quíl n´y a plus de sanitaires...).

J´installe donc ma tente et passe une nuit tout a fait correcte si ce n´est que je me sens un peu seul dans un camping fermé au milieu des bois avec pour compagnie pour le bruit des glands qui tombent tels des fruits bien mûrs tout autour de moi...je vous laisse imaginer le bruit que cela fait en tombant sur les caravanes vides du campement. Ca ne rassure pas vraiment. J´ai un peu pensé au film Calvaire un moment en espérant que les quelques habitants résiduels du camping ne me rendent pas visite pendant la nuit. brrrrrr





Au réveil, la spectacle est grandiose.




















Après un rapide debarbouillage dans les lavoirs, à l´éxtérieur d´un bloc sanitaire, je me fais inviter à prendre le café avec quelques sablés chez "Mamy", comme tout le monde l´appelle ici. On discute pendant une bonne heure politique et je lui promets de lui envoyer une carte avant de reprendre le chemin.













Il fait à nouveau magnifique, c´est un plaisir de rouler à moto par ce temps. Je reprends la route en prenant cette fois-ci, à nouveau, bien le temps de regarder le paysage.



Je passe dans un petit village appellé Molière, et je continue mon bouquin à la terrasse d´un petit café. Sur les 2 heures que je passe là je vois défiler une quinzaine de personnes et tous sont anglais...il semble qu´il y ait une ruche dans le coin...


















La région de la Dordogne est très jolie et, sur le conseil d´un petit bonhomme recontré lors d´une halte (qui n´a l´air de rien à première vue dans sa vieille petite camionnette mais qui se révèle être le patron d´une des plus grandes entreprises d´artificiers de France :), je vais visiter Limeuil qui est présenté comme un des plus beau village de France.



Joli mais sans plus. Il faut dire que sécuriser toutes mes affaires et partir sous un soleil tapant avec ma veste et un sac bien lourd (les affaires à ne pas perdre) pour monter tout en haut dún village très vertical n´a pas aider à me mettre dans de bonnes conditions.










Je prend néanmoins le temps de visiter un jardin botanique assez sympa et bien dessiné, perché sur une terrasse donnant une vue magnifique sur toute la vallée.












Toujours sur le conseil du petit bonhomme je reprend la route pour aller visiter le chateau de Monbazillac, sur les hauteurs de Bergerac. Le paysage s´ouvre soudain sur des étendues sans fin de vignes. En fin d´après-midi, c´est magnifique. Je ne mets pas de photos car elles sont vraiment toutes ratées :( J´arrive trop tard pour rentrer dans le château, mais on me propose une petite dégustation gratuite et je ne refuse pas. Qu´il est est délicieux ce vin!!! Je dors ce soir là aux abords de Monbazillac, entre deux motorhomes sur un espace qui leur est normalement réservé.


Je reprends la route le lendemain avec l´objectif d´atteindre le domaine Vignau La Juscle à Saint-Faust dans le Jurançon, à côté de Pau. J´avais rencontré Michel et Dominique Valton, lors de la foire aux vignerons de Marche-en-Famenne qu´ils fréquentent bizarrement chaque année. Et leur vin, un blanc moeilleux récolté bio, m´avait laissé un souvenir impérissable. Je me souvenais également des photos qu´ils avaient prises avec eux et qui donnaient fort envie d´aller leur rendre visite. La route jusque là fut néanmoins fort ennuyeuse et fréquentée.





J´arrive ce soir soir là (il est 6h) un peu trop tard que pour oser arriver à l´improviste (je les avaient prévenus mais je pensais passer la semaine suivante), et je décide de planter ma tente dans le village dans un endroit un peu reculé, à côté de la "cité des abeilles".




Je rejoins le domaine des Valtons vers 10h le lendemain et c´est plus beau que je ne pouvais l´espérer.

Le domaine est assez petit, 7 hectares au total. Mais quelle splendeur.









Perché ainsi sur l´avant fort des Pyrénées à plus ou moins 400 mètres d´altitude, on apercoit la chaîne de montagne qui se dresse au sud vers l´Espagne avec des pics à plus de 2000 mètres.



























La maison est en U avec en son sein une petite cour. Autour de la maison, les vignes en pente et le jardin composé avec soin de fleurs, plantes et arbres qui propose ça et là des petits coins, chacun différent. Palmiers et bambous donnent une petite touche d´exotisme; le potager rappelle l´attachement des propriétaires au bio et aux produits maison. On retrouve au dessus de la terrasse un magnifique Kiwi qui donne plus de fruits qu´il n´en faut (j´en connais qui en rêve).




Ils me proposent de planter la tente dans leur jardin.

































Malheureusement, ils ne seront pas disponibles aujourd´hui pour faire le tour du domaine. Je décide donc d´aller faire un petit tour en montagne. J´attendais en effet avec hâte de tester un peu la moto dans quelques lacets sinueux et d´être à nouveaux dans les decors toujours impressionants de la montagne. Ca me manquait depuis le GR20 en Corse.



Je vais donc jusqu´á Aydus, un joli petit village; point de départ en été pour de nombreux randonneurs. Un petit tour, quelques photos, un café et 100 pages de romans plus loin et je retourne chez les Valtons qui me proposent de les accompagner pour un souper à Pau chez leur fils. C´est une très bonne soirèe et un très bon repas accompagné évidemment de très bons vins, dont un petit rouge un peu secret (il faudrait quand même qu´il arrive à Marche un jour celui-là...:). Je finis la soirée avec Antonin, un des trois fils de Michel et Dominique, qui me propose une petite ballade pour découvrir le centre de Pau, qui m´avait semblé être une ville sans intérêt de prime abord mais qui révèle, si on est bien guidé, un centre ville historique assez beau et festif. Après une bonne nuit de sommeil et une bonne douche, je dîne à nouveau avec eux et je reprends finalement la route vers 14h.




Merci à vous pour cet acceuil! (J´aurais dû prendre une photos de vous quand on étaient chez vous)




On prévient de précipitations dans la soirée du dimanche, et je ne veux pas être à 1500 mètres d´altitude quand un orage s´abat. Je pars donc avec l´intention de passer la frontière via Saint-Jean-Pied-de-Port à 672 mètres d´altitude. En route je passe voir l´église Saint-Blaise, patrimoine mondial de l´Unesco. Le temps me paraîssant encore assez clément et l´envie de prendre de l´altitude me démengeant, je me décide finalement de passer les pyrénées par le Pic d´Orhy à 1500 mètres.

Une montée assez longue et éprouvante par une petite route m´amène au col sous un vent assez violent qui demande beaucoup de prudence. Une sortie de route et c´est certainenement une fin de chapitre définitive pour ce voyage.






Les paysages sont grandioses, comme on peut l´espérer.

















Je suis en Espagne!!!



Dans la descente, le soleil qui disparaìt et les nuages me font choisir une route plus fréquentée qui me ramènera vers Pampluna en passant par Lumbier. Dans la descente, la nuit est vraiment tombée et je me demande où je vais bien pouvoir mettre ma tente tout en essayant de me rappeler comment on demande cela en espagnol...Je me décide finalement pour continuer jusqu´à San Sebastian où je trouverai bien une auberge. Sur la route, le vent n´a pas faibli et il semble que ce soit le retour de vacances des espagnols car je suis sur une route qui ressemble plus à un long serpent blanc et rouge selon que mon regard se porte sur l´avant ou l´arrière. Je me fais surprendre par une drache, et, alors que je pensais avoir le temps de réagir dans ce cas, je suis sur une autoroute bondée sans moyen pour m´arreter. Quand finalement je prend une sortie quelques minutes plus tard. Je suis trempé, mon jeans me colle à la peau et me veste pèse une tonne. Heureusement, mon sac est protégé. Je passe quand même mon poncho et un pantalon k-way (qui garde bien léau à l´intérieur...) et je me remets en route après m´être insulté mille fois de ne pas avoir mieux prévu l´évènement. Malgré mon soin à essayer de bien serrer mon poncho autour de ma taille, j´arrive à San Sebastian une heure plus tard tel Batman avec sa cape toujours trempé mais maintenant grelotant et crevé par cette route dangereuse pour un motard. J´essaye de trouver un hotel pas trop cher avec un garage, mais je me pose finalement assez rapidement dans un hotel de prix raisonnable car la pluie ne cesse pas.


Je profite de l´hotel, et du temps que j´ai car la pluie ne cesse pas, pour me connecter pour la première fois à internet et écrire un peu mes aventures. Mes affaires sont sèches et il a cesser de pleuvoir vers 17h, il est temps de repartir.



Je pars avec l´objectif de rouler 2-3h et de poser la tente n´importe où. Mais je ne trouve pas facilement aux abords de la route une place qui me convient dans le noir. Résultat: je reporte je reporte et je finis par faire toute la route de la còte nord jusqu´à Gijón!! Tout le long de la còte je me rends compte que la chaîne des Pyrénnées ne s´arrête pas à Bayonne: elle continue tout le long de la côte nord. L´autoroute que je prend, et qui est assez récente a dû représenter des travaux titanesques. C´est vraiment dommage de ne pas avoir pu illustrer ça.


Je termine ces quelques lignes alors que je suis aujourd´hui à Léon après avoir fait un petit tour à Gijón et avoir traversé la chaîne de montagnes. J´en reparlerai dans le post suivant. Il est temps d´aller me coucher car je veux encore visiter un peu Léon demain matin puis faire la route jusqu´à Salamanque en prenant le temps de revoir Zamora.

Hasta Pronto!!